Libé recueille les témoignages de ténors du parti sur le sondage et l’article de la veille (j’ai finalement trouvé le lien):
- «Le pays, comme la gauche, est dans un tel état de délabrement idéologique que même une alliance avec le diable peut apparaître comme la solution», estime Razzye Hammadi, représentant de l’aile gauche du parti.
- «Il n’y a pas d’autre solution que la coalition arc-en-ciel, assure Patrick Mennucci. La gauche seule est minoritaire en France, entre 36 % et 38 %. Et les sympathisants, qui désespéraient de ceux qui nous ont expliqué pour des raisons d’appareil qu’il ne fallait pas d’accord, le savent bien : il n’y a pas d’autre solution pour en finir avec Sarkozy.»
- Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS : «Ce qui manque dans le sondage de Libé, c’est la question : “Pour mener quelle politique ?” Le fait que Bayrou soit un renégat déclaré à droite n’en fait pas mécaniquement un homme de gauche.» Et d’invoquer l’histoire récente : «Il cultive l’antisarkozysme comme fonds decommerce, mais il a contribué à faire élire Sarkozy en n’appelant pas à voter pour la candidate du PS en 2007 ! En dehors de sa candidature en 2012, quel est le projet de Bayrou ?»
- François Hollande, qui proposait au Modem une«clarification des convergences et des divergences», s’est vu rappeler à l’ordre par la direction : son appel est jugé «inopportun à tous égards» par le porte-parole, Benoît Hamon, et nombre de dirigeants. «Bayrou ne fait pas recette à gauche, c’est l’hypothèse de son alliance avec les socialistes qui fait recette», nuance Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la campagne du PS pour les européennes.
- «Les électeurs de gauche sont assez pragmatiques et conscients du fait qu’il va falloir une majorité pour battre Sarkozy, résume Delphine Batho, porte-parole de Ségolène Royal. Et je ne vois pas de stratégie alternative à celle d’un rassemblement large de la gauche incluant le Modem. Notre stratégie d’alliance est une des questions sur lesquelles il va falloir rapidement bouger pour 2012.»
Globalement, entre un mal nécessaire et une pilule difficile à avaler.


